Albanie – « Antonio andiamo! », que l’hospitalité soit avec toi

Shirokë (Albanie) –  Valbona (Albanie)

15.07 au 20.07.2016

  • jour 1 : Shirokë (Albanie) – Vau i Dejës (Albanie)
  • jour 2 : Vau i Dejës (Albanie) – Bajram Curri (Albanie)
  • jour 3 : Bajram  Curri (Albanie) – Valbona (Albanie) + 1 jour rando à Valbona
  • jour 4 : Valbona (Albanie) – Morinë (Kosovo)

GPX:

Ce trajet fait parti de la route postée sur Wikiloc. Vous pouvez télécharger les deux .GPX ( GPX) depuis la page internet.

Veloframes:

Description générale de la route:

On retiendra :

  • La baignade au lac de Shkodra et son coucher de soleil magnifique
  • les cyclistes qui roulent à contresens dans le centre ville de Shkodër
  • les paysages incroyables entre Shkodër et Koman
  • l’accueil désintéressé et sans limite des Albanais
  • La traversé en ferry inoubliable entre Koman et Fierze
  • Les montagnes impressionnantes de Valbona et la route le long de la rivière qui y mène

Route :

Le contraste avec le Montenegro en entrant en Albanie est extrême, sous tous les points de vue. Fini les plages aux milles parasols, les hôtels et voitures de luxe. A peine la frontière passée, on voit un homme qui traîne sa charrue pleine de paille avec un cheval sur la route national.  Sérieux? On ne voit pas seulement des animaux dans la rue mais aussi de drôles d’inventions mécaniques. On nous avait prévenu l’Albanie, le pays le plus pauvre  d’Europe, nous permet un retour dans le passé. On a sentiment bizarre de voir un mode de vie auquel on est pas du tout habitué. Mais bizarre ne veut pas dire dangereux, juste vraiment très différent. L’infrastructure des villes reste très précaire. On se dépêche d’arriver au lac Shkrodra qui se partage entre l’Albanie et le Monténegro. Pour cela on doit traverser un ghetto de Rom. Là, pour le coup c’est pas rassurant! Quand on passe les gens nous fixent et les enfants nous demandent de l‘argent.C’est un tout petit quartier mais c‘est la première fois qu’on voit des gens vivre dans la misère et la saleté. Ca sera l’unique et seule fois qu’on traverse un quartier pareil.

Près du lac a Shiroke, on remarque un restaurant avec un grand jardin un peu en retrait de la route principale. On tente la technique : repas du soir au restaurant contre plantage de tente dans le jardin. Houra réponse positive! Et cette fois-ci on se fait pas avoir sur la marchandise. On a peine à croire le prix qu’ils nous annonce pour 2 bières, 2 plats principaux et une salade: 11 Euros ! Au moment de planter la tente, les 2 fils et le neveu du propriétaire du restaurant viennent taper la discut’ et ca tombe bien parce qu’on s’est toujours pas décider sur la suite du programme. On hésite: continuer le long de la côte vers le sud ou aller voir ce qu’il se passe au Kosovo et entrer en Grèce par la Macédoine. Sans hésitation ils nous conseille de nous diriger vers le lac de Komani. Ils ne nous laisseront pas partir sans nous payer le café et un pot de miel de leur ruches, nos voisines cette nuit-là. Sur warmshower, on a vu un contact qui tient une auberge de jeunesse dans le centre de Shkodër. On décide d’aller lui demander son avis sur notre plan. Après une rapide confirmation de sa part, on se remet en selle. En buvant un dernier café au coin de la rue de l’auberge, on croisera 3 cyclotouristes, un hollandais et un couple Australien. On ne peut pas s’empêcher de leur demander quelles routes ils ont pris, leur expériences, les choses à voir absolument,… On papote, on papote et l’heure tourne, il est déjà 16h! On a encore 50 km devant nous, dont les 30 derniers km sur un sentier de mauvaise qualité et une grosse tempête qui doit nous tomber dessus. On recharge en fruits secs avant de quitter Shkodër. Les propriétaires du magasin sont super sympa. Ils ont vécu 20 ans en Italie, alors Pablo en profite pour pratiquer un peu. Ils finiront même pour nous offrir 2 poires succulentes.  On a à peine fait 5 km que les gros nuages noirs nous tombe dessus par intermittence. Ça nous permet tout de même de faire les 20 premiers km sans trop de problème.

dscf5524
La tempête qui se dirige droit sur nous juste avant d’entrer sur le sentier qui mène a Koman

Mais c’est en entrant sur le petit sentier que ça commence à se compliquer. L’intensité de la tempête augmente, la route est en mauvais état et ça monte et descend constamment. Après une heure sur cette route, on se rend compte qu’on à pas atteint le tiers. Le vent et la pluie sont tellement fort que j’ai du mal à voir Pablo qui est 5 mètres devant moi. Pablo ,lui, a les yeux irrités par l’intensité de la pluie. Clairement c’est pas possible de continuer dans ses conditions. Malheureusement, on a croisé peut-être 2 maisons et 3 voitures depuis une heure. Par chance, un berger nous fait signe de venir le rejoindre dans son abri. Il a 6 ou 7 chiens qui protègent la bergerie et nous montrent leurs crocs quand on arrive. Le temps n’a pas l’air de s’améliorer. Au bout d’une demi-heure le fils du berger, Ritvan arrive en voiture. Il parle également italien, ça décuple notre capacité de communication. Ritvan insiste pour qu’on vienne dormir chez lui, que le temps ne va pas se calmer et qu’on sera mieux chez lui qu’ici. On laisse donc les vélos avec Smail, le berger, et sa centaine de chèvres. Ritvan promet de nous ramener le lendemain à 5h du matin (pour la traite matinale) afin de poursuivre les 25 derniers km qui nous séparent de Koman et prendre l’unique ferry de la journée pour Fierze à 9h30.  

On embarque donc à bord de la golf de Ritvan, qu’il pousse à toute vitesse sur ce chemin qu’il connaît par coeur. Sur la route, on récupère 3 vieillards qui font de l’auto-stop sous la pluie après avoir marché les 25 km depuis Koman. Pablo, que Ritvan appelle Antonio au début, se serre donc à l’arrière avec les 3 autres. L’entraide prévaut sur les règles de sécurité. Ritvan nous a prévu en 2 minutes un programme complet pour toute la soirée. On passe par son bar préfèré au bord du lac pour boire un premier café. On va ensuite manger chez lui(salade de tomate du jardin, œufs du poulailler et fromage de chèvre maison naturellement!). Puis on sort au restaurant le plus kitsch du coin pour reprendre un café. Pour sortir, Ritvan prêtera son jean le plus fashion et une paire de basket à Pablo. La société Albanaise aussi humble que conservatrice donne encore beaucoup d’importance à l’apparence. Même Ismael portait une veste de costard pour garder les chèvres, c’est pour dire! Après une longue discussion avec toute la famille(les 2 frères de Ritvan, sa belle sœur et sa belle-mere) devant la télé, on finira même par aborder les attentats et la radicalisation en France en comparaison avec l’Albanie, dont 60% de sa population est musulmane, qui compte 17 % de chômage selon les chiffres officiels et dont les conditions de vie sont beaucoup plus difficiles. Des questions qui nous font réfléchir mais qui resteront en suspens… Ritvan nous cède son lit pour dormir sur le canapé. La pluie et le tonnerre ne cesseront qu’au petit matin. Même si le réveil était supposé sonner à 5h, à 4h45 on entend taper à la porte de la chambre avec un “Pablo andiamo!“.

DCIM100MEDIA
De droite à gauche, Ritvan, Artur, Pablo et moi à 5h du mat´

On passera prendre un dernier café sur la route avant de retrouver nos vélos. Avant de se dire au revoir, Smail nous montre ses victime de la veille: 2 serpents qui voulaient croquer ses poules. Il nous fera également une petite démonstration de son fusil à pompe qu’il utilise pour éĺoigner les loups. Sympa le coin!

On assistera tout de même à la traite des chèvres avant de nous séparer. On est pas mécontents de pouvoir admirer les milles nuances de couleurs du paysages sous le soleil levant plutôt que sous la pluie. On essaye de ne pas traîner mais l’envie de s’arrêter toutes les 5 minutes pour prendre des photos est plus forte. On arrive confiant à 9h20 au village de Kohman, sauf que le ferry se trouve derrière le barrage. Bref, encore 2 km et 100 m d’altitude. On donne tout ce qu’on à dans le ventre pour ce dernier sprint, on espère que les Albanais n’ont pas la ponctualité allemande. On arrive à 9h40 à bout de souffle du bon côté du barrage. On ne voit pas de ferry mais une bonne dizaine de voiture entassé sur ce mini quai. On a raté le ferry, mais la bonne nouvelle c’est que le prochain part à midi! Sauvés, on a maintenant le temps de manger un morceau, prendre notre 5 ème café et réaliser ce qu’on vient de vivre ces dernières 24h qui nous aurait pu remplir facilement 3 jours normaux:)

Le trajet en ferry est incroyable, digne des plus beaux fjords norvégien. La nature est restée intacte. Sur la terrasse du ferry, la musique Albanaise rythme la traversée et enflamme les locaux qui nous offre un petit spectacle en nous montrant quelques pas de leur danses traditionnelles.

En sortant du ferry à Fierze, sur la route, quelqu’un nous aborde et nous conseille de faire un détour par Valbona. Pour les amoureux de montagnes et de randonnée, l’endroit semblerait incroyable. On ne pouvait donc pas rater ça ! Pour atteindre le petit village de Valbona, il nous faudra remonter la rivière qui porte le même nom. Sur la route, on rencontrera Mirela qui nous offre de passer la nuit dans son gîte pour un prix très raisonnable. Mirela a appris l’espagnol en regardant les Soap Opera sud américains qui passent en version originale sous-titrée à la télé! Elle nous invitera à faire un tour à bord de son 4×4 et à boire un café chez des amis qui vivent dans la forêt l’été avec leur animaux. On verra avec quelle patience les locaux préparent le fli, un plat traditionnel qui ressemble à une montagne de crêpe et du beurre entre chaque couche, un délice.

Valbona est l’endroit le plus “touristique” qu’on ait pu visiter en Albanie. Ce qui signifie un regroupement des quelques auberges, gîtes et UN restaurant. Pour commander plus qu’une salade, il faut attendre une heure et demi. Après avoir pris notre commande, on a vu le serveur courir au jardin d’en face pour récupérer un oignon et 2 tomates… donc ça reste quand même à des années lumières du concept de tourisme habituel. Les randonnées du coin ne sont pas balisée, beaucoup de groupes se déplacent avec un guide. On croise une japonaise, Akiko, qui s’est renseigné sur un parcours facile avec un refuge comme objectif pour prendre un café et admirer la vue. L’endroit est splendide. On repart le lendemain avec des paysages plein la tête et des bonnes courbatures.

dscf5691
En direction de Valbona

On profite de la super descente en vélo jusqu’à Bajram Curri. On aurait voulu s’arrêter manger dans un restaurant. Mais il n’existe dans la rue principale de la ville, que des bars (royaume des hommes qui boivent du café à n’importe qu’elle heure de la journée), des petites épiceries ou des vendeurs de fruits et légumes. Tous les yeux se tournent vers nous et épient chacun de nos mouvements. On se dépêche de recharger les sacoches de nourriture et on se dirige vers le Nord-Est. On aurait voulu rester plus longtemps en Albanie pour explorer ses montagnes et apprendre à mieux connaître sa population si accueillante mais notre curiosité pour le plus jeune pays européen est trop forte, prochain arrêt le Kosovo!

Laisser un commentaire