Iran – partie 3 – de Téhéran à Yazd

Téhéran –  Yazd -Téhéran

10.11.2016 au 07.12.2016

Description de la route :

Centre de l’Iran : Téhéran, Qom, Kashan, Natanz, Isfahan, Shiraz et Yazd:

Veloframes:

Téhéran à Isfahan :

Isfahan à Yazd :

Description générale de la route:

On retiendra :

  • La route désertique et  monotone le long de l’autoroute entre Téhéran et Isfahan vaut pas vraiment la peine d’être pédalée
  • Les mosquée des  “centres touristiques” (en gros des aires de repos sur l’autoroute) qui nous ont acceuillis bras ouvert, quand dans la vie il faisait froid
  • Les  voitures qui s’arrêtent sur la bande d’arrêt d’urgence pour nous donner un sachet de fruit, nous offrir le thé, nous invite à rester chez eux et postent des selfies de nous sur intagram
  • Les nombreux “hello!How are you?Where are you from?”
  • L’eau de rose de Kashan, ainsi que ses chauffeurs de taxi déjantés
  • Les dunes de sables, les chameaux, les lacs de sels, les caravansérails,…
  • Les mosquée magnifiques d’Isfahan, la place incontournable de Naqsh-e Jahan, les spécialités iraniennes chez Ali et Nargues
  • Persepolis, la tombe d’Hafez et le dico francais-farsi
  • La route exceptionnelle qui traverse le désert entre Isfahan et Yazd et la nuit en bivouac dans une caravanserai abandonnée
  • L’atmosphère romantique des toit de terre séchée arrondis à Yazd, un oasis dans le désert

Dur reprise de pédalage après une bonne pause à Téhéran : 

La route entre Téhéran et Isfahan, ne nous a pas tellement convaincu … c’ est une route désertique et monotone. Il faut faire de nombreux kilomètres (quelques centaines) entre deux villes le long de l’autoroute (pas de route alternative). Heureusement on trouvera refuge dans les “centre tourisiques” le soir, qui sont en fait des aires de repos avec restaurants et mosquées. Sur l’autoroute on se fera “arrêter” plusieurs fois par des Iraniens. Ils se garent sur la bande d’arrêt d’urgence, ouvre la fenêtre quand on passe et nous tendent un petit sachet avec des fruits (bananes, oranges, clémentines et pomme). C’est comme des stations de ravitaillement pendant le tour de France. On a jamais vu ça ! Parfois même, le rituel s’accompagne d’une invitation à dormir chez eux (quand on arrivera à Isfahan ou Shiraz), et d’un selfie qui finira sur Instagram(Facebook étant bloqué en Iran)… On traversera rapidement Qom. Nous y sommes invité à déjeuner chez Mohammad, qui nous a gentiment aidé à négocier de dormir dans la mosquée la veille, au centre touristique.

Petit bivouac dans la mosquée (partie des femmes) en mezzanine 30 km avant Qom, préparation d’une inhalation pour cause de gros rhume!

Mohammad est un pro des parfums. En Iran, pas de parfumerie, le parfum est personnalisé et fait maison. Dans sa petite boutique, il a des dizaines de fioles qu’il mélange aux souhaits des clients. C’est un spectacle voir, comme il séduit et convainc ses clients, en vaporisant dans l’air ses elixirs. Ah ça oui les Iraniens adorent le parfum! Entre deux clients, Mohammad vient discuter le bout de gras avec nous, ça lui fait un peu pratiquer l’anglais. Après une demi-heure, ultra-motivé, il veut même nous emmener chez lui. Il est convaincu que nos 2 vélos et les nombreuses sacoches rentre dans sa petite Peugeot 405(version année 90)… impossible! On conclura la discussion en acceptant l’invitation à  déjeuner chez lui le lendemain. C’est encore une fois difficile de comprendre comment les Iraniens nous perçoivent ou ce qu’ils attendent de nous après une discussion de plus de 5 min. Parfois, on a mal au cœur de les décevoir. On lira la tristesse de Mohammad, par exemple, après le déjeuner, qui insiste pour que l’on reste quelques jours chez lui. Malheureusement le voyage est encore long et le visa de 21 jours nous limite, on doit refuser.

Déjeuner chez Mohammad et des amis à lui, à Qom

Il contactera tout de même des amis au prochain “centre touristique” pour qu’on puisse y passer la nuit et nous accompagnera même jusqu’à l’autoroute en moto, en me répétant au moins 10 fois que “Pablo is a very good man”, assez perturbant comme expérience. On sent qu’ils ne rencontrent pas si souvent des étrangers. L’information à la radio ou la télé étant manipulée et recouverte du voile islamique, ils ont soif de rencontrer des étrangers et maintenir le contact avec nous. Encore une fois c’est difficile de répondre aux attentes de toutes ses personnes sur notre chemin qui nous envoie des messages à une fréquence plus élevée que celle de nos parents.   

Qom que l’on aura pas vraiment visité en réalité, est une des villes les plus conservatrices de l’Iran. C’est un des centre les plus important d’étude islamique chiite. La différence se remarque déjà dans la rue. Fini les voiles colorées où l’on peut apercevoir la moitié des cheveux, ici les femmes portent toute le tchador noir.  

Kashan, la ville de l’eau de rose et des maisons traditionnelles

Après notre halte à mi-chemin entre Qom et Kashan, au “centre touristique” encore une fois, on arrive dans la ville de l’eau de rose et ça se remarque à chaque coin de rue où la potion magique se vend dans toutes les quantités possibles. L’élixir est aussi utilisé partout, dans les Baklava (pâtisseries), le thé, la glace,… C’est juste exquis! A Kashan, on commence vraiment notre tour des attractions touristiques de l’Iran. Kashan c’est un oasis au milieu du desert. Il y fait très chaud l’été et très froid l’hiver. On visitera plusieurs maisons traditionnelles (avec patio intérieur, architecture adaptée aux saison,…), le jardin fin, le bazar, la Mosque Agua Bozorg. On a même céder à une offre pour aller voir le désert de dunes, un lac de sel et une caravanserai en taxi. Le chauffeur ne parle pas un mot d’anglais, a décidé de détruire son taxi en fonçant à toute allure sur la piste cabossée qui mène jusqu’au désert et met la radio à fond avec le rythme tribal du deuil de l’imam Hussein.

Vite vite, une photo au milieu des dunes de sables, prochain arrêt la caravanserai !

Pendant la période où l’on visite l’Iran, c’est l’Achoura qui dure 40 jours. Une période pendant laquelle les chiites pleurent le martyr de l’imam Hussein, mort en 680. Cette periode s’achève par l’Arbaïn, le 20 Novembre cette année. A cette occasion, on peut voir dans la rue, près des mosquees de nombreux drapeaux vert et noirs. Il y a des distributions gratuites de thé préparé au feu de charbon (pas mal pour réchauffer les cyclistes congelés) et parfois de la nourriture, comme des navets(chalqam) cuit à l’eau avec un peu de sel. C’est meilleur que ça en a l’air! Les iraniens sont d’ailleurs persuader que le navet a des propriété thérapeutique en cas de rhume, parfait pour la saison. Si vous avez un peu le nez qui coule, c’est  fortement possible qu’il y ait des navets au menu du soir en Iran…

Distribution gratuite de thé

En parlant de nourriture, il faut absolument que je parle du classement des aliments en 2 catégories les Iraniens ont réalisé : chaud(garmi)/froid(sardi). Ça n’a rien à voir avec leur température,sinon la valeur énergétique apportée au corps. En gros les aliments comme les dattes réchauffent le corps et au contraire les fruits comme la pastèque refroidissent le corps.  Cette classification s’est réalisée par expérience au fil des années et les iraniens croient que certaines maladies (comme une baisse de tension, une pousse d’acne,…)  sont provoqués par un déséquilibre entre le chaud et le froid. Ne soyez donc pas surpris en entendant ce genre de phrase en Iran : “ oh, je me sens pas bien, j’ai mange trop de riz, il faut que je mange une datte”. En general, les femmes iraniennes connaissent très bien les effets des plantes et des aliments sur la santé. C’est un bonheur de chiper leurs recettes de grand-mère. 

En route vers Isfahan

Après la visite express du désert, on remonte sur nos cyclos direction Isfahan. Cette fois-ci on décide d’éviter l’autoroute 7 en passant par une route moins fréquentée  et parallèle à l’autoroute(la 665). A une 30 de km de la sortie de Kashan, on se fait arrêter par des militaires pour la première fois depuis notre entrée en Iran. Ils contrôlent nos passports, nous posent des questions, nous prennent en photo… La zone est critique. quelques km plus loin, il y a un centre d’enrichissement d’uranium protégé comme une forteresse. Ils nous demandent de couper le GPS, pas de photo,… puis après 5 min de réflexion finissent par embarquer les vélos sur le pick-up. Malgré tout l’ambiance n’est pas du tout hostile. On arrivera même à faire quelque blagues, parler foot ça marche bien en general:) Tous les 2 km il y a des tours de défense anti-missiles, ça rigole pas! Tout compte fait, je suis bien contente qu’on traverse cette zone aussi vite que possible. Les militaires nous déposent 30km plus loin. On arrivera tant bien que mal à Natanz. Fini le plat du désert, juste avant Natanz il y a un sommet à 1850m. Pour se remettre de nos emotions, on passera une nuit à l’unique hôtel de Natanz, qui doit être à peu près aussi vieux que ma grand-mère (mais bon marché environ 15 euro/nuit).

Pour le lendemain voici les données: une étape au delà de 100km pour rejoindre Isfahan, un sommet  2200m d’altitude et un vent de face qui nous fait avancer à une vitesse d’escargot. On abandonnera rapidement pour faire de l’auto-stop. On trouve d’abord un pick-up puis un camion qui nous ramène à 40km d’Isfahan. Victoire!

Les 2 chauffeurs de camion qui nous ont gentiment aidé à mettre les vélos sur la remorque 🙂

Ali, encore un autre Ali, et sa femme Nargues (nos hôtse WS) nous attendent à Isfahan. Ali, un autre personnage qu’on a rencontré en Iran. Il a un cœur aussi gros que son pays. Être ami avec lui, c’est un peu comme être membre de la famille. Il nous emmène visiter la ville à vélo (temple du feu, la mosquée du vendredi, les tours de pigeons, manger une glace au safran :faludeh, Wahh un vrai régal ). On est invité à manger chez leurs 2 familles respectives. D’ailleurs on est pas les seuls cyclistes à être passé par là. Toute la famille est habitué à voir débarquer des cyclistes aux repas de famille (plus d’une dizaine depuis quelques mois). Faut dire qu’à Isfahan, l’arrêt chez Ali est presque obligatoire dans la communauté des cyclistes. Ils ont même un livre d’or où chacun laisse un petit mot avec leurs coordonnées. Ça c’est bien pratique pour nous! Je prend rapidement les noms des blogs. On fait tous plus ou moins la même route et quelques conseils sur ce qui nous attend sont les bienvenus. On arrivera à même à se croiser quelques mois plus tard avec une cycliste qui était rester une semaine chez Ali : “Verena Coriander” a Chiang Mai en Thaïlande . Il est pas fou le monde ? On se sent tellement bien chez Ali et Nargues qu’on y restera presque 2 semaines avec une petite visite à Shiraz entre 2. On en profitera pour prolonger notre Visa (voir article séparé sur le visa iranien) et visiter les nombreuses attractions touristiques (le mosquée du shah ou de l’imam, le palace des 40 colonnes, la place Naghsh i Jahan, le quartier armenien Jolfa, le bazar, …) L’entree des mosquees et palaces pour les étrangers n’est pas donné 5 euro/pers, prix standard quelque soit le palace, la mosquee, les jardins,… La moitié du budget en Iran est parti dans les visites culturelles . Isfahan s’explore bien en velo.

La famille d’ali au grand complet  

Il a vécu plusieurs années au USA. Il a donc un peu des deux cultures…Ah, c’est un soulagement pour nous. Premièrement, la communication est plus facile (logique) mais aussi il nous laisse un peu à contribuer : cuisine, mettre la table, laver les assiettes,… Pas grand chose, mais quand on reste plusieurs jours chez quelqu’un, c’est la moindre des choses de pouvoir rendre l’appareil. Mais T’aarof oblige chez les autres hotes, c’est comme chez mamie. On est invité à s’asseoir sur le tapis et manger, comme des rois.       

Remontée dans le temps

Les temperatures ont bien baissées et se baladent dans le champs négatif. On décide donc pour une fois de laisser tomber les vélos pour aller à Shiraz en bus. C’ est Siavash qui nous acceuille. Il travaille sur une plate-forme pétrolière 7/7j pendant 3 semaines, puis passe une semaine à Shiraz. Pas facile comme rythme. Les quelques heures libres qu’il a sur la plate-forme après le boulot, il les dédie à faire de la musculation ou apprendre le francais. Siavash essaye d’émigrer au Canada depuis plus de 5 ans… Son histoire nous attriste, on se rend compte à quel point avoir un visa européen nous facilite la vie.

Le lendemain, c’est un cherchant un dico français/farsi pour Siavash, qu’il nous arrive l’histoire la plus irréel en Iran. Après avoir explorer le bazar en long et large, sans succes, on trouve un petit stand de livre dans la rue à quelques km du centre: malheureusement pas de dico. On demande à quelqu’un dans la rue. Son anglais étant approximatif, il appelle un ami à lui (guide touristique) qui parle anglais, jusque là classique. Il existe bien un endroit à Shiraz ou l’on pourrait trouver le maudit dico mais il faudrait retourner dans le centre. Le propriétaire du téléphone insiste pour nous y accompagner. On le remercie en refusant, on voulait encore visiter le jardin botanique d’Eram, pas le temps de retourner au centre. Et qui voit-on débarquer une heure plus tard au fin fond du jardin, à moitié en panique, tout essoufflé avec …un dico francais/Farsi à la main?? Oui oui, lui-même ! Il est parti chercher illico presto le dico pour nous et à prier Allah tout le long du chemin pour pouvoir nous retrouver dans le jardin… Impossible de le rembourser ou même lui payer un café, il est pressé. Il a raté son rende-vous pour aller chercher le dico et aussi vite qu’il est arrivé, il s’évapore dans la nature nous laissant bouche-bée, encore époustouflé par l’évènement. Ils sont vraiment fous ces Iraniens!

Le soir on rejoint Siavash dans le centre de Shiraz. Il a un rdv gallant avec sa copine. Là , encore c’est pas banal. Il est tombé amoureux d’elle dans un centre commercial et a demandé son numéro de portable à la mère! Comme ils ne sont pas mariés, ils ne peuvent pas se voir juste à 2. On se retrouve donc dans le même centre commercial où  il se sont vu pour la première fois deux ans plus tôt, avec…la mère et le frère (d’une quinzaine d’année) de la dulcinée qui elle, fêtera ses 20 ans l’an prochain. Pas question de se tenir la main dans la rue, le seul geste amoureux que l’on verra sera un fugace baiser sur le front de la jeune fille, fortement réprimander par le petit frere. On a vraiment l’impression de vivre sur une autre planete. Plus tard, seul avec Siavash, on expliquera le sujet des relations amoureuses chez nous, des endroits de rencontre comme les discothèque (qui sont interdites en Iran). Bref, des conversations assez surnaturelles…

A Shiraz, on visitera également la tombe d’ Hafez, le poète perse le plus connu en Iran. Ces poèmes sont lus à voix haute lors de fête comme Nou Ruz(nouvel an Iranien le 21 Mars). C’est émouvant de voir les Iraniens se recueillir sur sa tombe. La Mosquée rose nous a également beaucoup plu. La visite du mausolée de Ahmad et Muhammad est restreinte à certaines zones mais guidée par des volontaires.

En tant que bon touriste, on ira bien sur visiter le site de persepolis, dont les sculptures sont d’une incroyable beauté et extrêmement bien préserver pour leur âge (environ 2500 ans).

La traversée du désert

C’est le cœur gros de sortir de notre cocon famillial, qu’on dit au revoir à Ali et Nargues. On récupère donc les vélos pour engager notre dernier trajet en vélo en Iran: d’Isfahan a Yazd, en passant par le désert. C’est Ali qui nous a recommandé  la route. On a une première étape de 100 km jusque Varzaneh, un petit village au bord du désert. A Varzaneh, la religion n’est pas chiite mais zoroastrian. Les femmes n’y porte pas le tchador noir mais blanc. Ça vaut la peine d’être vu : un petit village rempli de fantômes:)  

La partie qui suit Varzaneh est exceptionnelle. C’est la première fois en Iran qu’on roule dans le calme, sans avoir les moteurs si bruyants des camions qui nous dépassent.  C’est vraiment le silence complet, il y a juste le vent qui siffle légèrement dans nos oreilles, pas un oiseau, pas un arbre, c’est le vide !  Le désert juste pour nous pendant 200km. A Varzaneh, on s’est chargé en eau et nourriture pour 2 jours . Le moitié du trajet n’est pas asphaltee. C’est assez physique mais pas du tout insurmontable et surtout le paysage compense largement. A 80km de Varzaneh, il y a une caravanserai, un château en terre séchée, où les nomades de la route de la soie passaient la nuit. L’endroit est complètement abandonné mais reste tellement magique. En plein milieu du désert , on a quand même réussi à trouver 2 autres cyclos allemands, Rob et Tob, qui passeront la nuit avec nous dans la caravanserai. Sans aucune pollution lumineuse, le ciel se laisse observer comme jamais. On s’amuse à reconnaître les grands classique (la grande ours, cassiopee, la voie lactée,…). Le lendemain on passera la matinée sur une piste appréciant toujours le calme et les paysages. Ca sera de courte duree. Juste avant Nodoushan, il y a une carrière. C’est le retour de l’asphalte et des camions:( Quelques km avant Nodoushan on change de direction et on se prend le vent en pleine face. Ça nous rappelle l’Islande! Dans un élan de motivation, Pablo envoie le pâté pour essayer de frôler les 10km/h et écourter notre souffrance. Malheureusement son genou droit lâche et c’est Manon qui se retrouve à briser le vent pour les 2 prochains jours. On plantera la tente à une vingtaine de km après Nodoushan au pied d’une mosquée, on en profite pour recharger en eau potable et se faire un brin de toilette.

Manon et Tob, avec en arrière plan, la caravanserai

Depuis la mosquée il reste encore une journée de pédalage pour arriver enfin à Yazd. Fini le desert, il y a une longue route droite qui semble infini assez fréquentée, sans un seul arbre pour nous protéger du vent:(

Yazd, un oasis au milieu du désert

Yazd est certainement la ville d’Iran la plus authentique qu’on est eu l’occasion de visiter. La vielle ville est un ensemble de maison de terre séchée aux toits arrondis. Il suffit juste de se perdre dans les petites ruelles piétonnes pour y apprécier son atmosphère. L’autre curiosité à voir absolument à Yazd sont bien sûr les Bagdir, le système de climatisation 100% naturel. Ce sont des tours qui captent le vent chaud et le ramène se refroidir dans une petite piscine d’eau située sous la tour. L’air frais est ensuite diffusé dans l’ensemble de la pièce. Ingénieux ces Iraniens non? La ville est un véritable champs de Bagdir, c’est curieux a voir!   

Une tour de climatisation ou encore “Bagdir”, a Yazd

L’eau étant un problématique clef pour la survie de cette ville, le musée de l’eau de Yazd donne une bonne explication du fonctionnement des qanats, qui guide l’eau des montagnes sur 300km pour la ramener à Yazd.

Plus generalement, la situation de L’eau en Iran est préoccupante. La rivière Zayandeh (qui ifie ironiquement vie en farsi) qui alimente Yazd et Isfahan est à sec depuis 2010. Ce n’est pas seulement dû au réchauffement climatique mais surtout à une mauvaise gestion en amont d’ Isfahan. Le manque d’eau dans ces megalopoles auront pour conséquence les prochaines vagues migratoires…

L’immanquable en Iran c’est une séance de Zoorkhaneh, un sport traditionnel iranien, qui servait originellement à entraîner les guerriers. Nous on a eu l’occasion de le voir à Yazd mais c’est possible de voir ce genre de sport un peu partout dans les grandes villes. La salle sent les pieds et la transpiration mais voir ces armoires enchaînés les pompes et les tourbillons au rythme des tambours nous a réellement bluffé ! On comprend mieux pourquoi les Iraniens arrivent toujours premiers aux jeux olympiques en haltérophile et lutte greco-romaine.

Séance de Zoorkhaneh à Yazd

Retour à Teheran

Après moulte recherche, le vol le moins cher entre le Moyen-Orient et l’Asie du sud-est est aussi surprenant que ça puisse être, c’est Teheran- Kuala Lumpur avec Airasia(en prenant compte aussi du prix des vélos en tant qu’equipement de sport et 2 bagages en soute). On abandonne donc l’idee d’aller jusque Dubai et on achète des billets de train pour retourner à Teheran. Ça a été un sacré casse tête de savoir comment transporter les vélos à l’aeroport Khomeini. Il n’y a aucun transport en commun qui y mène :ni bus, ni train, seulement des taxis, mais des “normaux” : traduction qui peuvent difficilement embarquer 2 boîtes en carton de la taille d’un vélo. Heureusement, notre ange sauveur, Ali de Teheran accepte de nous emmener à l’aeroport avec sa petite “pride”. Houra! On passera donc le dernier jour en Iran chez Ali à emballer les velos. On est pas les seul à squatter l’appartement d’ Ali. On fera la connaissance d’ Akbar, une véritable légende WS, qui a accueilli des centaines de cyclistes dans sa ville natale, à Marand, et Massoud, son acolyte qui l’accompagne partout. Akbar est aussi très connu en Iran pour ses exploits, il court de très longues distante en très peu de temps( la dernière en date est de 267 km en 27h) et son engagement pour la protection des léopards en Iran.

C’est pas tout (on a vraiment le Cxx bordé de nouille, comme on dit par chez nous), on a la chance de voir arriver le même jour que nous, chez Ali, une cycliste solo Malay, Violet Biru. La coïncidence ne pouvait être plus parfaite, nous qui justement 24h plus tard seront à Kuala Lumpur! Vi est aussi une légende dans son pays. C’est certainement la première femme Malay à s’engager dans un voyage seule à velo, traversant la fameuse route du Pamir au mois d’Octobre(ou M41 entre l’Ouzbékistan, le Tajikistan et le Kirghizstan avec des sommets au delà de 4000m d’altitude). Elle force le respect. Des milliers de personnes suivent ses aventures sur Facebook et instagram, impressionant! Et, quand elle met une photo de nous en train d’emballer les vélos sur son facebook, 1 heure plus tard on sait déjà chez qui on passera les prochains jours. Elle est pas belle la vie?? Enfin en tout cas, on vous racontera ça dans le prochain episode.

A l’aeroport de Téhéran avec Ali, Aksaray et Vi

Une femme étrangère en Iran

Je rajoute sur un dernier petit chapitre sur certaines questions que je me posais avant d’entrer en Iran en tant que femme, et surtout cycliste. Comme j’ai dit auparavant aucun commentaire négatif de la part des Iranien(nes) quand j’étais sur le vélo. Bien au contrire, beaucoup d’encouragement!

Concernant la tenue vestimentaire, certes le voile et surtout la veste qui doit descendre jusqu’au genou c’est pas pratique pour rouler en vélo. Je me suis trouvé une chemise qui descendait mi-cuisse à la frontière entre la Turquie et l’Iran, que j’enfilais  au dessus d’un t-shirt ou un pull fin(en fonction de la température exterieure) et je n’ai jamais eu de remarque. En dehors des villes, je retirait la chemise et la garder à main si on devait s’arreter.

Pour me couvrir les cheveux, j’utilisais le Buff, l’écharpe cylindrique, sur le vélo. Pendant les jours de pause, par contre, j’utilisais une écharpe normale, le buff attirant trop l’attention. Le port du voile s’adapte aussi en fonction de la ville. A Teheran, c’est relax, on peut porter le voile lâche et montrer les cheveux. Dans d’autres villes, comme Qom ou Varzaneh, interdit de montrer 1 cm de cheveux. Il suffit juste d’observer les coutumes… Parfois je combinais même les deux, l’écharpe glissant trop souvent. Ça devient vite agaçant !

Pour saluer, il est interdit aux hommes de serrer la main d’une femme. Certains prendront quand même l’authorisation. En tout cas, vaut mieux attendre que les hommes prennent l’initiative avant de s’avancer afin d’éviter toute situation gênante. Cependant, le fait de ne pas serrer la main ne signifie pas qu’ils ignorent les femmes. Il y a généralement ce petit geste, la main sur le cœur accompagné d’un hochement de tête et le fameux “salam”. Bon, il y a bien eu une fois, une main sur la poitrine pendant un selfie, mais bon c’est les dommages collatéraux des nouvelles technologies. En tout cas, je ne me suis jamais sentie mise à l’écart ou ignorée, même si c’est Pablo qui menait la  discusión la plupart du temps. Ça finissait toujours par tourner autour du Barça de toute manière …:P

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