Bosnie et Herzégovine – Entre coupoles et minarets…

Osijek (Croatie)  – Blagaj (Bosnie) 

12.06 to 30.06.2016

Route:

  • jour 1 : Sátorhely (Hongrie) – Nemetin (Croatie)
  • jour 2 : Nemetin (Croatie) – Vukovar (Croatie)
  • jour 3 : Vukovar (Croatie) – Novi Sad (Serbie) + 1 jour pause à Novi Sad
  • jour 4 : Novi Sad (Serbie) – Belgrade (Serbie) + 1 jour pause à Belgrade
  • jour 5 : Belgrade (Serbie) – Obrenovac (Serbie)
  • jour 6 : Obrenovac (Serbie) – Sabac (Serbie)
  • jour 7 : Sabac (Serbie) – Loznica (Serbie)
  • jour 8 : Loznica(Serbie) – Bajina Basta (Serbie)
  • jour 9 : Bajina Basta(Serbie) – Mokra Gora (Serbie)
  • jour 10 : Mokra Gora(Serbie) – Jaz (Bosnie)
  • jour 11 : Jaz (Bosnie) – Foča (Bosnie) + 1 jour pause a Sarajevo
  • jour 12 : Foča (Bosnie) – Tjentište (Bosnie)
  • jour 13 : Tjentište (Bosnie) – Nevesinje (Bosnie)
  • jour 14 : Nevesinje (Bosnie) – Blagaj (Bosnie)
  • jour 15 : Blagaj (Bosnie) – Ploče (Croatie)

GPX:

Ce trajet fait parti de la route postée sur Wikiloc. Vous pouvez télécharger les deux .GPX ( GPX1 et GPX2) depuis la page internet.

Veloframes:

Croatie:

Serbie :

Bosnie-Herzégovine :

Description générale de la route:

On retiendra :

  • Novi Sad et sa forteresse, son unique restaurant végétarien chez Em’chi
  • Belgrade
  • Sabac et notre rencontre avec Aleksandar de Warmshower
  • Bajina Basta, au pied des montagnes
  • Mokra Gora et son petit train, puis Visegrad et son vieux pont
  • Les paysages incroyables le long du Drina
  • Sarajevo, symbole de tolérance et chargée d’histoire
  • Le parc national de Sutjeska
  • La vue époustouflante sur la chaîne de montagne depuis Gacko
  • Le vieux Pont de Mostar et la Tekke de Blagaj

En passant la frontière entre la Hongrie et la Croatie, c’est changement d’ambiance complet. La première voiture qui nous double, nous klaxonne et nous fait des grands signes d’encouragements, tout le monde nous dit bonjour(“Dobar dan”) avec le sourire quand on passe dans la ville avec nos vélos chargés. Tout cette partie de la Croatie vit de la culture de la vigne, elle nous semble plus prospère que la dernière partie de la Hongrie que l’on vient de traverser . On a la chance d’arriver en Croatie le dimanche 12 Juin, le jour du premier match de la Croatie contre la Turquie lors de la coupe d’Europe. Fiers de leur équipe, ils ont orné leurs bars, jardins, voitures des couleurs croates. Les croates dégagent une énergie qui nous redonne envie de pédaler et découvrir ce pays et son peuple.

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Dans un bar de Kneževi Vinogradi aux couleurs Croates pour voir le match Croatie – Turquie

Lorsqu’on traverse la ville d’Osijek, on voit tous les bars le long du fleuve noirs de monde qui fêtent la victoire de la Croatie. On sent qu’on se rapproche de la méditerranée! Tout compte fait, on continuera le long du Danube côté Croate (rive droite) pour passer par Vukovar, une ville encore marquée par les traces de la guerre opposant les Croates aux les Serbes dans les années 90. L’ eurovelo 6 (rive droite) nous mènera jusqu’ Ilok pour ensuite prendre le pont à Baska Palanka et passer la frontière Serbe. La route le long du Danube en Serbie n’est pas aussi tranquille. Il n’existe pas vraiment de route le long du fleuve dédié aux vélos comme en Autriche ou Hongrie. Il faut suivre les routes nationales très fréquentées et les camions qui passent très près et à toute allure. Juste avant Novi Sad, en suivant la signalisation on s’est retrouvé dans des petits chemins de champs avec de la boue jusqu’au genou, on conseille donc de pas suivre notre trace GPS mais de suivre la route principale, plus dangereuse mais beaucoup plus rapide! On visitera les premières églises Orthodoxes du voyage à Novi Sad ainsi que son imposante forteresse et son centre ville agité. En un jour, on rallie les 95km de l’eurovelo 6 qui séparent Novi Sad de Belgrade.

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Eglise orthodoxe Saint Sava à Belgrade

Encore une fois, on conseille pas de suivre la route alternative à la sortie de Novi Sad qui est bien cabossée, certainement agréable en VTT mais beaucoup moins avec un vélo sans amortisseur et 30 kg de bagages.  L’entrée dans Belgrade est chaotique mais faisable. Après Belgrade, on dit au-revoir au Danube et l’ eurovelo 6, on suivra le fleuve Sava jusque Sabac puis le Drina jusque Bajina Basta : direction le calme des montagnes des Balkans. Enfin un peu de changement de paysage, ça nous motive! En longeant la frontière entre la Bosnie et la Serbie (côté Serbe), le soir quand la ville se calme, on entend les Imams qui appellent à la prière de l’autre côté de la rivière Drina en Bosnie. Toujours en suivant le Drina, on passera la frontière pour la Bosnie entre Mokra Gora et Visegrad puis direction Foca. A partir de Bajina Basta, ca commence a monter, on aura notre premier col à 1055 m d’altitude.

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Premier col a 1055 m d´altitude entre Bajina Basta et Kremna yeahhhhhh

Par la suite, en Bosnie, on restera entre 600 m et 1200 m d’altitude. Les paysages, les villages et leurs innombrables mosquées sont magnifiques! Il y a une trentaine de tunnels entre Visegrad et  Goražde qui ne sont pas forcément éclairés, autant dire qu’on les traverse au plus vite… C´est pas agréable mais ca a l´avantage de nous épargner les genoux. On pédale au rythme des prières, la première vers 5h! On se lève tôt parce qu’il commence à faire très chaud et que les meilleures heures pour pédaler (surtout quand il y a pas mal de dénivelé) sont entre 7h et 12h à la fraîche et l’après midi après 16h! On profitera de la pause midi pour faire un petit plongeon dans la Drina à 6 degrés pour remettre les muscles en forme quand c’est possible.

Une mosquée sur la route entre Mokra Gora (Serbie) et Visegrad (Bosnie)

A cause de mauvaises conditions climatiques, on rate le rafting dans le canyon de la Tara (le canyon le plus profond d’Europe) qui est exceptionnel d’après ce qu’on nous a dit. On laissera nos vélos dans un camping à Foca pour prendre un bus et passer une journée à Sarajevo pour éviter un gros détour vers le nord et aussi parce qu’on a lu que Sarajevo était pas trop “bike friendly”. On continuera vers le sud après Foca, pour traverser le parc national de Sutjeska. On n’aura malheureusement pas l’occasion de nous arrêter pour faire quelques randonnées qui doivent valoir le coup, notamment pour voir l’une des dernière forêt primaire d’Europe.

Parc national de Sujetska

On se dirige ensuite en direction de Gacko puis Nevesinje en suivant la route nationale M6.1 pour arriver à Mostar. On se battra avec les dizaines de touristes pour visiter le bazar de Mostar avec les vélos (très mauvaise idée!!) et prendre quelques photos sur le “vieux pont”. On terminera notre étape par la visite de la Tekke de Blagaj et la source de la rivière Buna. On trouvera une route alternative très jolie et très calme rive gauche du Neretva pour éviter la nationale entre Mostar et Metkovic. Mais attention à repasser rive droite a Visici, pour passer le poste frontière Croate à Metkovic!

Info camping:

En cherchant un endroit pour camper à quelques kilomètres de Osijek, à Nemetin, on fera la connaissance d’Ivana, qui nous laissera planter la tente entre ses arbres de prunes et pommes, nous invitera à dîner chez elle(poivrons farcies délicieux et gâteaux croates) et nous offrira le café Turc le lendemain matin. Ivana vit dans une maison modeste avec ses parents, elle a un énorme jardin où elle y cultive tous types de légumes et un grand poulailler. Une maison typique de ce que l’on a pu observer de la région.

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Poivrons farcis facon croate
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Notre premier café turc!

On aura le même accueil en Serbie, près d’ Obrenovaz, où Mariola et toute sa famille nous ont ouvert grand leurs portes, laisser planter la tente dans le jardin, prendre une douche et cuisiner chez eux.

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Camping dans le jardin de Mariola (en rouge et blanc au milieu) et sa famille

Cette expérience de camping sauvage est un moyen pour nous d’échanger avec les autochtones. Au commencement, on se sentait mal d’”abuser” de leur générosité de nous laisser planter la tente, prendre une douche, d’accepter les cafés, la nourriture que les gens nous donne, puis on se rend compte que ça les fait voyager un peu d’avoir une française et un espagnol qui dorment dans le jardin, qu’ils peuvent nous raconter leur histoire en re-utilisant l’anglais qu’ils ont appris à l’école,… Il s’agit d’échange et de partage, à notre manière sans leur apporter quelque chose matériel on leur transmet un peu de notre pays, de notre expérience de voyage à vélo,… On privilégiera ce mode de camping au maximum, même si de temps en temps on est obligé de s’arrêter à un camping pour faire des lessives, laver les vélos, écrire des posts,… . Pour les grandes villes on essaye de contacter des personnes de Warmshowers ou AirBnb. Le long du Danube jusque Belgrade, jamais personne de Warmshowers ne nous a répondu à part Bojan à Novi Sad. Je peux les comprendre, l’Eurovélo 6 est tellement fréquentées qu’ils doivent recevoir des dizaines de messages par mois. Comme on trouve toujours facilement un endroit pour planter la tente, on conseille de ne pas perdre de temps avec Warmshowers le long de l Eurovelo 6 en Autriche, Hongrie et Serbie. Le seul point négatif depuis qu’on a  passé la frontière croate sont les chiens sauvages. La première nuit chez Ivana, il y en a 2 qui nous ont pas laissé dormir, ils sont venus rôder 3 fois autour de la tente pendant la nuit et aboient pendant une demi-heure. Même les boules quies ni change rien.  Lorsqu’on sort de la tente, ils prennent peur et s’enfuient, ils n’attaquent pas heureusement! Avec le temps on finit par s’habituer mais les premiers jours ont été un peu difficile. Pendant la journée, ils se jettent sur les vélos et là, il y a 2 stratégies à adopter : accélérer à mort pour leur échapper ou ralentir voir s’arrêter, ça les calment. On nous a aussi conseillé de leur jeter de l’eau mais pour le moment on a  pas encore testé, on vous tient au courant dans les prochains posts!

En Bosnie, on sera plus tranquille, on aura l’occasion de faire du camping sauvage au bord d’une rivière, dans un champs,… la densité de population étant plus faible dans les montagnes et le terrain nous le permettant.

Bivouac près de Nevesinje

On a bien-sûr appris quelques mots essentiels, à part “bonjour” et “merci” en Serbo-Croate comme : “ Mojé chator” qui veut dire “est-il possible tente?” en montrant du doigt où on aimerait planter la tente. Ca nous a aidé plus d’une fois!

Infos utiles sur les pays visités :

En traversant la frontière entre la Croatie et la Serbie, on ne peut éviter de voir les traces de la guerre entre 1991 et 1999 entre les 2 pays, notamment à Vukovar (Croatie) et son château d’eau bombardé 260 fois mais qui tient encore debout avec le drapeau Croate qui flotte tout en haut. A Novi Sad en Serbie, on peut voir des photos des 3 ponts de la ville qui ont été détruits par l’OTAN.

L’histoire est complexe et est difficile à résumer en un post. Toute la région garde des marques des différentes occupations : ottomane puis sous l’empire Austro-Hongrois. Après la seconde guerre mondiale, la Slovénie, la Serbie, la Croatie, la Bosnie, la Macédoine et le Monténégro formaient la Yougoslavie sous la dictature socialiste de Tito. Les Serbes, Croates, Bosniaques et Monténégro parlent la même langue, le Serbo-croate. Les Croates sont en majorité catholiques, les Serbes orthodoxes et les Bosniaques Musulmans, un terrain propice au conflit. Pourtant, avant l’explosion de la Yougoslavie, les différentes cultures et religions vivaient ensemble, se côtoyaient et se mélangeaient en paix. Le conflit reste un sujet délicat pour eux. C’est triste de voir qu’aujourd’hui, les blessures sont encore ouvertes et que les Serbes ne voyagent pas dans les pays magnifiques de Bosnie ou Croatie. Beaucoup de personnes avec qui on a l’occasion d’évoquer Tito restent nostalgiques de l’époque yougoslave.

Notre coup de coeur :

On a vraiment adoré Sarajevo! Le free walk tour nous a emmené à travers l’histoire de cette ville. Tout d’abord développée par les Ottomans: le bazar et ses innombrables mosquées valent vraiment la peine de s’y perdre. Puis sous l’empire Austro-Hongrois, les Habsburg ont utilisé Sarajevo comme laboratoire d’expérimentation. C’est notamment grâce à eux que Sarajevo fut la 2eme ville après San Francisco à accueillir le tram électrique. Sarajevo est une ville unique avec ses 200 mosquées, 35 églises orthodoxes, 30 églises catholiques et une synagogue (il y en avait beaucoup plus avant la seconde guerre mondiale), c’est un symbole de tolérance. Notre guide, qui aujourd’hui à une trentaine d’année, nous racontera les conditions de (sur)vie, pendant les 44 mois de siège de la ville par les Serbes entre 1993 et 1995 avec beaucoup d’humour et de dérision: courir le plus vite possible dans les rues de la ville pour aller chercher de l’eau et du pain, l’école improvisée dans les souterrains entre 7h et 9h du matin avant les bombardements, les vers dans les denrées alimentaires,… Grâce aux donations, la ville à été presque complètement re-construite. Bref, je m’arrête la sinon vous allez déjà tout savoir, on recommande fortement la visite de cette ville unique!

On a testé le fameux cevapcici au bazar de Sarajevo (c’était pas le meilleur mais shuuuuttt!)

7 thoughts on “Bosnie et Herzégovine – Entre coupoles et minarets…

  1. Du coup, c’est quoi votre plan en Aout? Escalade à Meteora pour rééquilibrer le ratio bras/jambes? 🙂
    Profitez bien en tout cas, l’été est pas top en Allemagne… je pense sérieusement qu’il faisait plus chaud en Avril!

    1. Hihi, on est resté que 4 jours à Météora. On a fait une bonne rando/escalade, ca nous a détruit les jambes du coup on a juste visité les monastères les jours suivants. On vient de rester une bonne semaine à Athènes et on part dans 2 jours pour Lesbos. On a trouvé un projet à travers d´une ONG pour installer le wifi dans les camps de réfugiés. On y sera a priori jusqu´au 7 septembre, après direction Turquie!

  2. He tardado un poco en leerlo todo, con algunas palabras que no he entendido pero que por el contexto me han permitido tener una idea clara de vuestra explicación.
    Me gusta lo que contáis y me parece y me parece muy interesante.
    Animo, a seguir conociendo lugares y gentes…, enriqueciéndoos y enriqueciendo…

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